Anticonformiste, exigeant et réservé, Alain Chabanon a fait ses classes chez Alain Brumont (château Montus) à Madiran et en Corse, avant d’installer sa cave à Montpeyroux, en 1992. Nous nous inclinons devant la qualité du travail accompli ici, tant à la vigne (viticulture saine, petits rendements) qu’en cave (jusqu’à trente-six mois d’élevage sur les grandes cuvées). Peu de domaines de la région offrent une gamme aussi aboutie et précise. Nous saluons aussi la capacité de vieillissement des vins, qui a peu d’équivalent. Toujours en décalage de un à deux millésimes avec la production régionale, l’ensemble de la gamme se distingue par sa richesse de goût et son originalité, ce qui place le domaine parmi l’élite la plus restreinte de la région. Les vins : le style s’avère toujours aussi précis et rigoureux, tirant parfois vers l’austérité dans des millésimes frais et plus légers comme 2012 ou 2014. En 2012 Trélans s’affirme comme une des propositions majeures parmi les blancs du Languedoc, Saut de Côte comme un des rouges les plus inspirés parmi les grandes cuvées contemporaines du Sud, alors que Les Boissières offre une interprétation distinguée mais presque sévère du Grenache.


La Revue du Vin de France 2017 noté 2 étoiles

Fils d’enseignants et ingénieur oenologue, Alain Chabanon a acquis des vignes en 1992 à Montpeyroux et dans les villages environnants. Il a construit sa cave au milieu de son vignoble (16 ha) travaillé en culture biologique et biodynamie.


Guide Hachette 2017

Installé à Montpeyroux en 1992, après être passé au château Montus et en Corse, Alain Chabanon exploite également des parcelles sur Jonquières, Saint André, Lagamas et Saint Saturnin. Les vins ici sont commercialisés après un temps de maturation en bouteille. Les vins : Le style des vins fait débat dans la région et ailleurs. Le domaine a ses inconditionnels acharnés. Nous faisons partie des dubitatifs mais l’originalité de cette production mérite une place dans le guide car c’est un style respectable. On peut en effet apprécier la qualité et la profondeur indiscutable des arômes. On peut aussi être dérangé par la netteté de certains vins, par des tannins un peu secs. A chacun de se faire son opinion.


Guide Bettane & Desseauve 2017 noté 1 étoile

Le but d’Alain Chabanon est de réussir à créer : Des vins hors du commun, dotés d’une véritable personnalité. Des vins subtils et élégants. Des vins pouvant tenir tête à quelques-uns des meilleurs crus de la planète. Des vins mettant en valeur les mets les plus raffinés. Des vins que vous pouvez attendre quelques années pour en apprécier la complexité ou au contraire capables de vous donner du plaisir dans leur prime jeunesse.

Issu par ses parents du monde de l’enseignement, Alain doit à son père le goût et l’amour du vin et ce, dès son adolescence. Bac en poche, Alain Chabanon décide de s’orienter vers des études supérieures agricoles et fréquente ainsi, pendant 5 bonnes années l’ENITA de Bordeaux puis l’Agro de Montpellier. Ensuite, le hasard le fait croiser la route du vigneron Alain Brumont, créateur du Domaine Bouscassé et du Château Montus à Madiran. Deux années à confronter leurs points de vue et son expérience… Prodigieusement instructif et intéressant pour Alain ! De retour en Languedoc, sa terre natale, à la fin des années 80, Alain Chabanon se porte acquéreur de ses premières parcelles de vigne entre Jonquières et Montpeyroux. C’est ainsi que nait son premier millésime en 1992. Dès 1995, son vin est mis en avant par le magazine Gault & Millau et les ventes décollent vraiment, surtout à l’étranger… Aujourd’hui la gamme des vins est bien établie et la croissance terminée. 17 ha à cultiver et une production moyenne annuelle de 50 000 bouteilles suffisent à son bonheur.

Le vignoble est équitablement répartis sur le territoire de cinq communes (Jonquières, Saint André de Sangonis, Lagamas, Saint Saturnin et Montpeyroux). Cette disposition permet de profiter d’un grand nombre de micro-climats et de différents types de sols. Bien utile sur les millésimes difficiles… Le terroir est idéalement adapté à la culture et à l’épanouissement de la vigne : des sols arides et caillouteux situés sur les contreforts du plateau calcaire du Larzac, des hivers froids et des étés chauds encadrés par des printemps et des automnes doux. Une des caractéristiques majeures du climat est la prédominance au printemps et au début de l’été de vents forts et irréguliers de secteur Nord-Ouest. Cette Tramontane est une bénédiction pour la vigne puisque sa fraîcheur et sa sécheresse découragent bien souvent les maladies du vignoble (c’est notamment l’ennemi juré du mildiou). Ainsi, Alain peut réduire les traitements bios à très peu de chose… Autre vent solaire en été, le Marin, venant de la mer et apportant au contraire du précédent son humidité bienfaisante lors des grosses chaleurs estivales… Tout le vignoble est cultivé selon les préceptes de l’Agriculture Biologique (depuis 1992), c’est-à-dire qu’Alain Chabanon laboure intégralement les sols, sans recours aux herbicides et que les traitements excluent tout produit chimique de synthèse. Pour une plus grande transparence vis-à-vis de sa clientèle, Alain se soumet volontairement au contrôle de l’organisme indépendant Ecocert. La certification Biodynamique Demeter a été obtenue à partir des vendanges 2011. Ajoutons à cela qu’Alain Chabanon n’a jamais recours à un apport d’engrais, qu’il soit chimique bien sûr ou même organique. Alain pense en effet que la vigne ne doit puiser sa nourriture que dans la minéralité du sol lui-même, cela implique évidemment des rendements faibles !

Pour Alain Chabanon, la première décision à prendre est le choix d’une date de début des vendanges. Contrairement aux apparences, ce n’est pas quelque chose que l’on peut planifier longtemps à l’avance. Les caprices, ô combien bénéfiques, de la nature font que chaque année se révèle différente de la précédente et des évènements tels que sécheresse, grosses pluies, été frais ou au contraire torride vont influer largement sur la maturité optimale des raisins et sur l’originalité du millésime. Ainsi, dans les semaines précédant le mois de septembre, Alain effectue des visites de chaque parcelle de vigne pour estimer cette fameuse date de récolte. L’observation de la végétation et des baies, la  » dégustation  » des pépins et de la peau des raisins l’aide à y parvenir. La vendange peut donc commencer ! Tous les raisins sont vendangés à la main et uniquement entre 7 heures et midi, même pour les rouges, pour profiter de la fraîcheur matinale. Ensuite, ils sont transportés à la cave dans de petites cagettes, entièrement ajourées. L’élimination des éléments indésirables se fait alors durant l’après-midi grâce à un passage sur une table de tri. Alain Chabanon est ainsi assuré de ne mettre en cuve, par gravité, que les raisins les plus sains. La méthode de vinification appliquée est variable en fonction de nombreux critères, parmi lesquels les plus importants sont la qualité du millésime et le cépage considéré. Une chose au moins est invariable : Alain n’utilise jamais de levures industrielles et préfère faire appel à celles qui vivent naturellement sur la peau des raisins depuis des mois !

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